Cul-des-Sarts est un village de la commune de Couvin en Wallonie. Né de la grande forêt qui s’étend du sud de Couvin vers la France et qui appartenait à la mense épiscopale depuis l’achat opéré par le prince-évêque de Liège Otbert en 1096, Cul-des-Sarts ne comptait encore que deux maisons en 1571. Les essartages de la fin du XVIe siècle et surtout du XVIIe siècle permirent à une population, toutefois encore clairsemée, de s’y installer, parfois même provisoirement. Ce seront des bûcherons, des charbonniers, des rétameurs, pour la plupart itinérants. Vers 1680, il semble que l’on ait construit un premier oratoire. Il est certain qu’en 1743, il existait une chapelle dépendant de Couvin et qu’elle avait son desservant. La localité, dont le nom apparaît à peu près vers cette époque, est un hameau de Couvin. Elle ne s’en détachera qu’en 1826 (arrêté royal du 22 septembre 1826). En 1894, son territoire s’accrût de 121 hectares de bois, provenant du partage du bois de Géronsart entre les communes de Brûly-de-Pesche, de Pesche et de Cul-des-Sarts ; par contre, les rectifications de limites avec Baileux en 1883 n’avaient pas affecté sa superficie.
Au XIXe siècle, ce gros bourg vit de l’élevage et de la fabrication des produits laitiers exportés vers les marchés des environs. Une certaine industrie s’y développa : des moulins, des ardoisières, dont l’une, vers 1830, était dotée d’une machine à vapeur, encore rare à l’époque dans la province de Namur. À la fin du siècle, une saboterie fournissait du travail à 80 ouvriers et une fabrique d’allumettes, la seule de la province, y fut créée. À cette époque également, une fabrique de tabac et cigares employait 120 personnes et elle se maintint jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il n’y a plus aujourd’hui aucune entreprise industrielle dans la localité. Le nombre de logements augmenta et l’habitat s’améliora : vers 1830, plusieurs maisons étaient, en effet, encore construites en bois. Toutefois, jusqu’à l’aube du XXe siècle, qui vit la création d’un chemin de fer vicinal vers Couvin, le bourg resta privé de moyens de communication autres que des chemins vicinaux impraticables l’hiver et mauvais en toute saison. Limitrophe de la France, protégé par ses bois (qui couvrent la moitié de son territoire environ), Cul-des-Sarts fut pendant longtemps le rendez-vous des contrebandiers dont la tâche était rendue aisée par l’existence de terres contestées depuis 1571 entre le prince-évêque de Liège et le duc d’Aerschot, ensuite entre la Belgique et la France A découvrir :
Etabli dans les locaux de la première école communale de Cul-des-Sarts, ouverte en 1802 dans des bâtiments du XVIIIe siècle, vous découvrirez au Musée des Rièzes et des Sarts diverses collections témoignant de la vie quotidienne des paysans aux XVIIIe et XIXe siècles, des coutumes et des traditions régionales.
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